Contragestion

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La contraception masculine ou féminine permet d'éviter une grossesse. Chez la femme, la contraception hormonale joue sur le cycle menstruel féminin.

Certains contraceptifs contiennent des progestatifs, ce qui permet d'empêcher que l'utérus soit prêt à accueillir un embryon, et éviter donc une gestation. On parle alors de contragestion, qui désigne un ensemble de méthodes de contrôle des naissances.

Contragestion : agir sur le cycle menstruel féminin

Pour agir après la procréation, les contraceptifs féminins court-circuitent une ou plusieurs étapes du cycle menstruel :

  • Ovulation ;
  • Fécondation ;
  • Gestation.

Les contraceptifs hormonaux agissent soit sur l'ovulation, soit sur la gestation, et le plus souvent sur les deux en même temps. La contragestion consiste à agir sur la gestation.

Contragestion et progestatif : principe de la gestation

Une fois l'ovulation provoquée, l'ovocyte peut être fécondé par un spermatozoïde. L'embryon ainsi créé descend jusqu'à l'utérus via les trompes de Fallope.

Si la muqueuse de l'utérus est épaisse et bien irriguée, ce qui est le cas à certains moments du cycle, il pourra s'y accrocher. La gestation commence alors.

C'est une hormone féminine, la progestérone, qui prépare l'utérus à la nidation. La progestérone permet l'épaississement, la vascularisation de la muqueuse utérine, ainsi que de l'aspect dentelé de celle-ci.

Contragestion et progestatif : empêcher la nidation

Certains contraceptifs, comme les pilules sans œstrogènes, les injections contraceptives, les stérilets hormonaux, les implants, ainsi que les méthodes de contraception d'urgence (pilule du lendemain et du surlendemain) contiennent des progestatifs.

Bon à savoir : Gratuite pour toutes, la contraception d’urgence doit être prise dans les 72 heures qui suivent un acte non protégé. Depuis le 1er janvier 2023, elle est délivrée sans prescription médicale et sans avance de frais dans les pharmacies, les centres de santé sexuelle, les centres gratuits d’information, les établissements d'enseignement du second degré et les services de santé universitaire.

Ces hormones de synthèse rendent la muqueuse impropre à la nidation. Ne pouvant pas s'accrocher dans l'utérus, il est alors évacué par les voies naturelles.

Il ne s'agit donc pas d'un moyen d'empêcher la conception de l'embryon, mais son implantation et sa survie dans le corps de la femme.

D'autres moyens de contraceptions, comme les stérilets au cuivre (dispositif intra-utérin ou DIU), ont également un effet contragestif. Sont d'ailleurs remboursables à 100 % par l’Assurance-maladie les pilules contraceptives de 1re et 2e génération, les implants, les stérilets (ou DIU) et les diaphragmes. Cette gratuité concerne les femmes jusqu'à l'âge de 25 ans à compter du 1er janvier 2022.

À noter : si l'on considère que la vie humaine commence avec la fécondation de l'ovule, la contragestion (qui empêche la nidation) est un procédé abortif. Elle diffère de la contraception (qui empêche la fécondation), qui n'est pas abortive. Certaines associations s’opposent vivement à ce contrôle des naissances car pour elles, la vie d'un individu débute dès la procréation.

Contragestion et anti-progestatif : agir après la nidation

Découverte par le professeur français Etienne-Emile Baulieu, l’anti-progestérone RU 486 (aussi connu sous le nom de mifépristone, de mifégyne ou de pilule contragestive) est un stéroïde anti-progestatif utilisé dans des situations d’avortement.

En interrompant la grossesse après la nidation (il existe 1 chance sur 4 qu’elle s’arrête spontanément), elle constitue une alternative à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) chirurgicale.

Par son fonctionnement beaucoup plus rassurant, elle évite les risques inhérents à une intervention chirurgicale.

L’efficacité de cette pilule est reconnue dans le monde de la médecine puisqu’elle interrompt 95 % des grossesses de 7 semaines d’aménorrhées (SA) révolues.

Contraception et sexualité : quel lien sur ma libido ?

La contragestion, et par extension la contraception, a-t-elle un impact sur l’activité sexuelle ? Penchons-nous sur les deux des méthodes les plus utilisées dans le monde : la pilule et le préservatif.

La pilule affecte-t-elle la sexualité féminine ?

Le monde de la médecine débat sur la question du lien entre cette contraception hormonale et le désir féminin depuis de longues années, sans aboutir à une réponse définitive.

Une baisse du taux de testostérone (l’hormone du désir) est parfois remarquée après l’utilisation de certaines pilules. Des sécheresses vaginales surviennent également avec une pilule faiblement dosée en œstrogènes.

Mais l’effet inverse existe. C’est le cas pour celles qui connaissent des règles douloureuses. Ce contraceptif assure la régulation des hormones, diminuant au passage leurs douleurs menstruelles et permettant ainsi de se focaliser sur son désir sexuel.

Bon à savoir : Le stérilet hormonal, dispositif intra-utérin installé pour une durée de 3 à 6 ans, régule également les menstruations et vous aide à avoir une sexualité plus épanouie. Selon le baromètre 2016 de Santé publique France, c’est la solution contraceptive la plus utilisée chez les femmes de 35 à 49 ans.

Le préservatif, un contraceptif qui freine la sexualité masculine ?

Les préservatifs masculins constiuent une méthode de contraception beaucoup moins contraignante que les pilules ou les stérilets. Pour autant, certains hommes refusent parfois de l’utiliser.

D’abord à cause de son fonctionnement, qui implique de maintenir une érection et d’interrompre le désir sexuel pendant quelques secondes. La solution ? Utiliser un autre dispositif contraceptif comme le préservatif interne.

Ensuite parce que son utilisation peut réduire les sensations pendant l’acte. Cependant aujourd’hui, de nombreux préservatifs sur le marché offrent des parois très fines.

En conclusion

  • La contragestion désigne un ensemble de méthodes permet d’éviter une gestation ;
  • La progestéroneest l’hormone féminine qui prépare l'utérus à la nidation. Les progestatifs, présents dans certains contraceptifs, rendent la muqueuse utérine impropre à la nidation ;
  • La pilule contragestive se positionne comme une alternative à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par méthode chirurgicale dans des situations d’avortement.

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